REQUIEM pour nos pertuis

REQUIEM pour nos pertuis

par Pierre Le Gall

Une grande partie de l’avenir des Pertuis charentais va se jouer en 2019 et 2020 : ILS VONT MOURIR ! C’est l’analyse établie par un océanographe, spé- cialisé en Biologie et Ecologie littorales, qui a suivi durant plus de 40 ans l’évolution catastrophique de la Baie de Seine jusqu’à un stade proche du cloaque le plus sordide, et qui observe maintenant la même évolution se produire sur les pertuis charentais. Non, ce ne sera pas à cause du réchauffement climatique. Non, ce ne sera pas à cause de la montée des eaux. Non, ce ne sera pas à cause de la sécheresse. Ces deux années là, les pertuis charentais vont discrètement être étouffés par l’invasion sournoise et incontrôllée de plus de 1 000 000 m3 de petites particules fines qui n’arriveront pas à se stabiliser sur les fonds marins et qui durant des années, circuleront en empêchant que l’indispensable « lumière source de vie » ne pénètre dans leurs eaux. Finie la vie des algues de nos estrans, finie la vie de notre plancton, finie la vie de nos coquillages et de nos crustacés, finie la vie de nos poissons et autres animaux marins, finies les baignades dans des eaux claires, finies l’ostréiculture et la mytiliculture charentaises, finie la pêche dans les pertuis, finie la faste période pour le tourisme littoral. Nos enfants ne connaîtront plus toutes les joies offertes par la vie sur les bords d’une mer saine et en bon état. POURQUOI ?

REQUIEM pour nos pertuis

Agrocarburants

Tom Greenwood / Oxfam

Les agrocarburants (aussi appelés, de manière quelque peu trompeuse pour le grand public, « biocarburants ») sont des carburants produits à partir de matières premières agricoles.
Il s’agit soit d’agrodiesels issus d’oléagineux (palme, soja, tournesol, colza, jatropha…) soit d’éthanols à base de céréales (maïs, blé…), de betterave ou de canne de sucre. Les premiers sont incorporés dans le diesel tandis que les seconds sont mélangés à l’essence.

Depuis 2009, l’Union européenne a fixé un objectif contraignant à l’ensemble de ses Etats membres : d’ici à 2020, 20% de l’énergie consommée en Europe devra provenir de sources renouvelables. Oxfam soutient cet objectif ambitieux qui permet de lutter contre le changement climatique.
Dans le secteur des transports, 10% de l’énergie doit provenir de sources renouvelable d’ici à 2020. Mais dans les faits, cela se traduit à 90% par l’incorporation d’agrocarburants dans les carburants traditionnels, et c’est là que la politique européenne de « promotion des énergies renouvelables » pose problème.

En plus d’être nocif sur le plan environnemental, le soutien aux agrocarburants a un impact extrêmement négatif sur le droit à l’alimentation.

https://oxfamfrance.org/nos-actions/droit-lalimentation/agrocarburants