Archives de catégorie : Seveso

Lubrizol : cocktail d’une inspection déficiente et d’une déréglementation débridée

Lubrizol : cocktail d’une inspection déficiente et d’une déréglementation débridée

Dans ce second volet consacré à l’incendie Lubrizol, Gabriel Ullmann met en perspective les défaillances de l’Administration dans la surveillance du site, avec des conséquences accentuées par une réduction des contraintes imposées aux industriels.
22 15:39:46/10/2019 – Lire l’actu
© Actu-Environnement

*/Gabriel Ullmann
Docteur-ingénieur chimiste, docteur en droit, expert auprès des tribunaux pour les pollutions et les nuisances, ancien membre du Conseil supérieur des installations classées.

Lubrizol

AZF Toulouse 2001, LUBRIZOL Rouen 2019…
Et demain à qui le tour ?
LES SITES SEVESO (seuil haut) sont tous des
« LUBRIZOL ».
https://coordinationseveso.com/2019/10/13/lubrizol/

ACCIDENT LUBRIZOL ROUEN

C’est un accident technologique majeur qui a touché la ville de ROUEN dans la nuit du 26 septembre suite à plusieurs explosions entraînant un violent incendie au sein de l’usine Lubrizol à ROUEN, site classé Seveso seuil haut. Ce feu a été maîtrise en fin de journée, le jeudi 27 septembre. Il vient rappeler l’accident industriel de l’usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001.

https://coordinationseveso.com/2019/09/29/rouen-lubrizol/

BIENTÔT UN STOCKAGE DE GAZ SUR LE SITE AGRO INDUSTRIALO PORTUAIRE DE LA PALLICE

BIENTÔT UN STOCKAGE DE GAZ SUR LE SITE AGRO INDUSTRIALO PORTUAIRE DE LA PALLICE

Il faut arrêter d’accumuler des activités dangereuses sur les quartiers Ouest de La Rochelle

Début décembre 2018, R.E.S.P.I.R.E. a été informée par la ville de La Rochelle d’un projet, déjà bien avancé, de distribution de gaz naturel pour l’alimentation des véhicules équipés. Le gaz comprimé sera issu du réseau gaz puis passera dans un compresseur pour un passage de 2 bars à 250 bars. Il sera stocké dans une cuve de 85mᶾ. Parmi les utilisateurs potentiels: la RTCR, les transporteurs routiers, la Poste Le négociant en pétrole Picoty est à la manœuvre. Il s’est porté acquéreur d’un terrain, appartenant à la Chambre de commerce et d’industrie, situé à l’angle de l’avenue de la Repentie et de la départementale qui conduit à l’Houmeau.

Rappelons qu’il y a déjà 6 sites classés Seveso sur les quartiers ouest de La Rochelle. BOREALIS (engrais), PICOTY et SDLP (pétrole), SISP/ENVIROCAT, SDLP Fief de La Repentie (pétrole), POITOU CHARENTES ENGRAIS (engrais), sur Laleu/La Pallice et sur Port Neuf l’usine Solvay. Jusqu’où ira cette folie?

Une délégation de R.E.S.P.I.R.E. s’est rendue à une première réunion d’information (à laquelle étaient également conviés le comité de quartier et des transporteurs intéressés par le projet) présidée par l’élue municipale Brigitte Desveaux (EELV), le 13 décembre. La délégation y a lu une déclaration dénonçant fermement cette nouvelle implantation dangereuse sur La Pallice (voir l’intégralité de la déclaration publiée le 15 décembre 2018 sur le site ( http://association-respire-la-rochelle.org/ ). & ( http://association-respire-la-rochelle.org/communique-de-lassociation-r-e-s-p-i-r-e-3/ )

Une seconde réunion, ouverte au public cette fois, s’est tenue début février 2019 à la salle des associations de Laleu. Etrangement la presse locale n’en a pas été informée… Ci-après le résumé de R.E.S.P.I.R.E :

«Début février, s’est tenue une réunion à la salle des fêtes de Laleu sur le projet d’installation d’une station de gaz naturel pour véhicules à l’intersection des rues Marcel Deflandre et Repentie. Il y avait du beau linge. Le maire était là, les adjointes Desveaux et Gargoulleau, ainsi qu’un aréopage d’entrepreneurs : Picoty, ça va de soi, mais aussi le port, des camionneurs.

Réunion pas mal agitée. Plusieurs membres de RESPIRE sont intervenus. Nous avons rappelé nos positions :

Pas d’opposition de principe à l’usage du gaz naturel pour les véhicules, mais il y a assez de sites dangereux sur La Pallice. Il faut arrêter d’en ajouter un de plus.

Compte tenu de la proximité de ces sites dangereux, les risques d’effets dominos en cas d’accident industriel sont à craindre. Nous demandons à ce que le principe de précaution s’applique.

La localisation de cette station va accroître l’engorgement routier de la rocade.

Dénonciation de l’entre soi entre les industriels, le port et les collectivités locales (CDA, mairie) qui décident préalablement entre elles et informent ensuite la population : soit un simulacre de démocratie puisque tout est déjà décidé.

Pour terminer R.E.S.P.I.R.E. a demandé que cette station de gaz soit installée sur une zone hors habitations.

Le maire et son adjointe Brigitte Desveaux (ardente propagandiste du projet d’installation) ont tenté vainement de circonscrire le débat à la réduction des gaz à effet de serre, alors même que nous avions précisé dès le départ de nos interventions que nous étions favorables à l’usage du gaz naturel pour les véhicules de la régie des transports et les camions.

En fin de réunion, le maire a annoncé qu’il allait se donner un mois et demi pour chercher un nouveau terrain. Mais si aucun n’est trouvé, alors il donnera son accord pour le permis de construire à l’endroit prévu par le négociant en pétrole Picoty (une entreprise décidément très influente sur La Rochelle! ). Autant dire que l’affaire est pliée d’avance et que la station s’installera là où tout ce beau monde a déjà décidé. L’expérience des cuves Picoty nous a appris à ne pas faire confiance à la parole de cet élu…

Le bureau de R.E.S.P.I.R.E. 1er Mars 2019

INSPIRA la zone industrialo-portuaire de Salaise – Sablons : la démocratie bafouée

L’agglomération du pays roussillonnais est fortement industrialisée (chimie, nucléaire) et traversée par l’autoroute A7 et la nationale 7. Faut-il rajouter davantage de camions et de sites SEVESO ?

INSPIRA ou comment l’état se moque de l’avis de l’enquête d’utilité publique et de la santé des riverains.

Depuis quelques années, la région Rhône-Alpes, le département de l’Isère et la communauté de commune du pays roussillonnais ont programmé la réalisation d’une zone industrialo-portuaire au bord du canal du Rhône sur les communes de Salaise/Sanne et Sablons.

Ce projet était au départ présenté comme très respectueux de l’environnement (transport de marchandise tri-modal et chimie verte).

Le projet soumis à enquête d’utilité publique en 2018 était très loin de la charte d’origine. Il prévoyait en effet le report du transport fluvial, l’installation d’entreprises « seveso », une augmentation considérable du nombre de camions sur les routes desservant la zone, une consommation d’eau supérieure à celle que peut fournir la nappe phréatique…

L’enquête s’est conclue par un avis négatif des trois commissaires qui l’avait en charge. Cet avis négatif était motivé par le fait que le territoire est déjà soumis à de grosses sources de pollution ( plate forme chimique de Roussillon, Route Nationale 7, Autoroute A7 et pollution urbaine d’une agglomération de 20 000 habitant).

Au lieu de revoir le projet pour rapprocher de la charte d’origine, le préfet a déclaré la zone INSPIRA d’utilité publique. Le commissaire responsable de l’enquête a été radié car jugé trop pointilleux.

Nous, citoyens préoccupés par notre santé et la dégradation de notre cadre de vie demandons que ce projet soit revu pour qu’il devienne respectueux de l’environnement et des habitants des alentours. On peut tout à fait créer des emplois tout en respectant l’environnement et notre santé. Nous demandons également la réintégration du commissaire injustement radié.

Il est paradoxal qu’au moment où un grand débat est organisé dans le pays, l’avis de la population et des experts soient foulé au pied.

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