Colloque La Rochelle/Amaris

Colloque La Rochelle/Amaris

Amaris et La Rochelle organisent un colloque sur l’acceptabilité des risques technologiques.

Destinée aux élus, collectivités locales, industriels et associations concernés par la question du risque industriel, cette rencontre aura lieu le 5 juillet.

Un événement à suivre sur le site d’Amaris.

Risques industriels : signature d’un accord sur le financement des travaux dans le cadre des PPRT


Risques industriels : signature d’un accord sur le financement des travaux dans le cadre des PPRT

La question du financement des mesures induites par la mise en place des PPRT est la raison principale des retards constatés dans leur approbation. L’accord signé entre les industriels et les collectivités va-t-il servir de déclencheur ?

23 14:54:27/03/2012 –
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© Actu-Environnement

lettre adressée par RESPIRE au président d’AMARIS.

« Il n’est jamais trop tard pour bien faire : lors d’un dernier conseil municipal la ville de La Rochelle a annoncé son adhésion à AMARIS . Cette association qui regroupe plus de 150 communes exposées à des risques technologiques majeurs, a été fondée en 1990. Pour l’anecdote il est à noter que la mairie de La Rochelle, qui refuse systématiquement la moindre subvention à l’association RESPIRE, a acquitté sans barguigner une cotisation plutôt conséquente… Ci-après la lettre adressée par RESPIRE au président d’AMARIS. » 

 

À l’attention de M. Yves BLEIN

Président D’AMARIS

La Rochelle, le 22 février 2012

Monsieur le Président,

Nous suivons avec intérêt et attention le travail de l’association que vous présidez. Comme vous le savez peut-être, l’association RESPIRE (Rassemblement d’Eco citoyens pour Sensibiliser, Protéger et Initier au Respect de leur Environnement) est, à La Rochelle, particulièrement attentive aux risques technologiques. La ville compte plusieurs sites Seveso dont quatre seuil haut et plusieurs autres sites seuil bas. D’autre part, notre association est co-fondatrice de la « Coordination nationale d’associations riveraines de sites Seveso » fondée à Donges, le 18 février 2012.

Par notre action citoyenne, indissociable d’une mobilisation nationale en développement, nous sommes mobilisés contre toute velléité de faire supporter aux riverains les conséquences de la présence de tels sites à leurs portes.

Nous estimons que nous sommes à La Rochelle face à un cas d’école, dont le caractère caricatural, dangereux et injuste pour les habitants n’échappe à aucun spécialiste.

Cette situation est promise à encore se dégrader, avec, en particulier, l’implantation, avec accord de la Ville de La Rochelle, de quatre nouvelles cuves (43 000 m3 supplémentaires) d’hydrocarbures de la société Picoty alors que le Plan de prévention des risques technologiques Picoty-SDLP (société des dépôts de la Pallice) est en cours d’élaboration. Pour mémoire, la société SDLP dispose de 37 réservoirs d’une capacité de stockage de 210 000 m3. La société Picoty compte déjà 19 réservoirs pour une capacité de stockage de 237 000 m3.

Plusieurs reportages nationaux de presse écrite, télévisuels ou radiophoniques se sont fait écho, en particulier à l’occasion des 10 ans du drame d’AZF Toulouse, de l’intolérable proximité entre les cuves d’hydrocarbures et les habitations, tout en indiquant que ce sont les cuves qui se sont rapprochées des maisons.

Si Respire n’est constituée que depuis un peu plus de deux ans (à la suite d’une pollution de l’air de plusieurs semaines suite à un dégazage d’une cuve de SDLP, nous découvrions alors le projet de quatre cuves supplémentaires et l’élaboration du PPRT), nos différentes actions sur le très préoccupant dossier Seveso à La Rochelle ont localement suscité une prise de conscience.

Mais le dossier Seveso, à La Rochelle souffre encore de la part de l’Etat, des industriels concernés et de la ville de La Rochelle d’un défaut criant d’information et, plus grave, d’une non prise en compte, de la population, à la hauteur des enjeux.

En tant qu’association, nous œuvrons afin que le dossier Seveso, à La Rochelle, vienne au niveau où il aurait dû toujours être : au premier plan, à la croisée des questions environnementales et citoyennes. Malheureusement, et nous le regrettons, la ville de La Rochelle est encore dans une posture floue. Il ne s’agit pas ici, par ce courrier, d’engager une polémique à l’encontre d’un nouvel adhérent d’Amaris mais d’attirer votre attention sur la gestion de ce dossier par la municipalité, gestion ponctuée d’« erreurs », pour reprendre les propres termes du député-maire.

S’il est pour nous évident que l’adhésion de la ville de La Rochelle à Amaris est potentiellement une bonne chose, même si elle est pour le moins tardive, elle est surtout le fait de la cristallisation des contradictions sites Seveso/riverains consécutive à l’information délivrée par Respire.

Nous sommes convaincus que l’intérêt des habitants prospérera d’autant mieux que la ville de La Rochelle se positionnera clairement à leurs côtés comme c’est le cas dans d’autres villes de France.

Pour nous, la résolution de la problématique Rochelaise, en ce qui concerne les stockages d’hydrocarbures, est, compte tenu de la proximité entre les installations et les riverains, la mise en place d’un plan de retrait des cuves les plus proches des habitations, traduction efficace de la réduction du risque à la source.

Dans l’espoir qu’un dialogue constructif pourra s’engager, nous sommes prêts à vous rencontrer. Recevez Monsieur le président d’Amaris, nos sincères et respectueuses salutations.

Raymond Bozier, président de RESPIRE

 

Rencontre avec Marc Sénant

 

 

Rencontre avec
Marc Sénant
Coordinateur du réseau risques
industriels à France Nature Environnement

Dialogue-Marc Senant-et-RESPIRE 

 

 « La revendication du recul des cuves d’hydrocarbure est légitime et responsable »
RESPIRE_ France Nature Environnement (1) a apporté et apporte encore un
soutien efficace aux actions menées par l’association RESPIRE, pourrais-tu nous
expliquer pourquoi ?
MARC SENANT. Tout d’abord, le combat le justifie. Il n’y a qu’à se rendre sur place
pour voir l’énormité de la situation : à peine 30 mètres séparent les cuves
d’hydrocarbure des habitations, le risque est réel et il est inconcevable de rester les
bras croisés. La situation doit évoluer, et dans un sens qui n’accable pas les riverains,
déjà pollués au quotidien. Ensuite, il est évident que les habitants de la Pallice ont un
grand besoin d’aide, technique mais aussi politique.
Dans ce dossier, c’est le pot de terre contre le pot de fer : des habitants d’un quartier
populaire, aux revenus modestes et non familiers de ce milieu compliqué du risque
industriel, face à un puissant pétrolier, secteur d’activité où le lobbying est parmi les
plus puissants et les plus efficaces. Nous savons mieux que quiconque comme il est
difficile pour une association locale de faire entendre sa voix, notamment lorsque de
gros enjeux financiers sont présents, ce qui est le cas ici.
Enfin, FNE est avant tout une fédération, elle se doit d’appuyer au quotidien ses
membres pour instaurer plus de justice, un meilleur respect de l’environnement, ou
encore alerter l’opinion sur des situations comme celles que les habitants de la Pallice vivent aujourd’hui. L’appui, le soutien aux associations locales est la première raison d’être d’un mouvement comme FNE.
(1)France Nature Environnement (FNE) fédère un mouvement citoyen d’environ 3000
associations de protection de la nature et de l’environnement en France métropolitaine et en Outre-mer. Cet important maillage territorial permet de lancer l’alerte, chaque fois que notre environnement est menacé. Créée en 1968, reconnue d’utilité publique depuis 1976, en France. Nature Environnement est une association sans but lucratif, indépendante de toute entreprise, collectivité, organisation politique ou religieuse. Les revendications de France Nature Environnement sont construites et portées par des militants bénévoles, issus des associations de terrain. Leur action est motivée par le seul intérêt général. (Source site FNE)

RESPIRE_Les riverains du site SEVESO haut Picoty/SDLP demandent le recul des cuves d’hydrocarbure plutôt que des expropriations et des travaux coûteux pour les
habitations situées en zone de délaissement, cette revendication te semble-t-elle
légitime ?
MS_Oui, et particulièrement à la Pallice où les maisons étaient là bien avant les cuves. En droit de la
« … et on vient demander aux propriété il y a un principe, celui de l’antériorité : un habitants de payer pour se nouvel arrivant qui construit (2) autour d’un site protéger du risque » industriel ne peut ensuite se plaindre des nuisances car il est réputé les avoir acceptées en choisissant de s’installer près de cette usine. Curieusement, ce
principe ne semble être qu’à sens unique et c’est proprement impensable dans un pays qui défend l’égalité pour tous devant la loi. Dans le cas de La Rochelle, l’industriel doit prendre en compte la population, qui était là avant lui, et agir en conséquence en reculant ses cuves.
Oui ensuite, car le contraire s’apparenterait à une triple peine : les habitants de la
Pallice subissent les nuisances au quotidien, apprennent aujourd’hui qu’ils vivent sous la menace d’un risque, et on vient leur demander de payer pour s’en protéger ! Autant, on pourrait l’entendre pour une nuisance, car une fumée on la voit, une odeur on la sent, etc. Mais comment percevoir une menace d’explosion, d’incendie ? D’autant que pendant des décennies, rien ou quasiment rien ne filtrait des industries, ni sur les process, ni sur les substances et leur dangerosité. Cette triple peine est inacceptable.
Oui car cela permet un équilibre entre la prise en compte de la dimension humaine du
sujet – l’expropriation peut être vécue comme un vrai drame pour certaines personnes
qui vivent là depuis des années, ont leurs habitudes, leurs amis, leurs repères, bref, leur vie, et le maintien d’une activité économique profitable pour nombre de travailleurs Rochelais. De plus, les prix de La Rochelle ne permettent pas de proposer une qualité de vie égale à des gens qui ont parfois mis toute leur vie à se payer un logement à la Pallice, et c’est une dimension qui ne doit plus être occultée dans le choix de nos décideurs.
Par ailleurs, cette demande [du recul des cuves] me paraît raisonnable : les habitants
ne demandent pas la fermeture du site, mais son aménagement pour qu’il s’intègre
dans son environnement, ni plus, ni moins. C’est une demande sérieuse car responsable et légitime car techniquement réalisable. Oui en terme de capacité financière. Le secteur pétrolier se porte à merveille. Total (3), par exemple, a clairement montré que la crise ne le concernait pas, avec au contraire un bénéfice net record en 2010 de plus de 10 milliards d’euros. Cerise sur le gâteau, Total ne paye pas un euro d’impôt en France ! Cette réalité n’est pas, loin de là, celle des habitants des quartiers populaires.

(2)Respire rappelle que la délivrance de permis de construire est de la compétence de la mairie et sa responsabilité est engagée de laisser construire en zone de danger. Respire est aussi très soucieuse de la situation des locataires vivant près des cuves.
Respire souligne aussi ici le manque d’information transmis par la Ville de La Rochelle et la préfecture de Charente-Maritime sur la réalité Seveso aux anciens et plus récents habitants des quartiers de Laleu-la Pallice.
(3) SDLP (société des dépôts de la Pallice) est contrôlée à 34% par Total

Au-delà de l’injustice que représente cette obligation de travaux pour un risque subi,
FNE identifie surtout un risque que les gens ne puissent jamais se payer le luxe de la
protection face à une deuxième catastrophe de type AZF ! Et alors, que diront nos
décideurs, notamment locaux, en cas de nouvel accident ? Que l’on n’a pas été assez
loin dans la protection des populations ?
Il faut rompre avec cette logique de l’après-coup et « Cette garantie, c’est la mettre sur la table, dès maintenant, les garanties d’une réduction du risque là protection efficace et définitive des populations. Cette où il est, à sa source » garantie, c’est la réduction du risque là où il est, à sa source, dans les usines. En ce qui concerne La Rochelle,
c’est le recul des cuves. Après tout, s’il s’agit d’une question financière, pourquoi ne pas prévoir d’utiliser l’argent public prévu pour raser les habitations ou les transformer en bunker, en soutien financier à la réduction du risque, c’est-à-dire au déplacement des cuves ? Peut-être ce coût sera davantage « économiquement acceptable » pour l’industriel, comme le dit la loi.
Respire_De manière générale, considères-tu que les industriels font tout le nécessaire pour réduire le risque à la source ou bien qu’ils se contentent plutôt d’appliquer le minimum légal ?
Il est difficile d’avoir une réponse globale à cette question, cela dépend vraiment de
l’industriel, de la situation locale, du type de risque, etc. Ceci dit, il faut avoir des
éléments d’appréciation au niveau national. Nous avons donc cherché à savoir quelle
somme avait été engagée depuis AZF par le secteur industriel dans la réduction du
risque à la source. Le chiffre annuel annoncé est aux alentours de 300 000 euros par
site. FNE pense qu’il faut aller bien au-delà, car ces groupes, notamment ceux du CAC 40, en ont la capacité, mais surtout la responsabilité. Le problème est que la loi impose des investissements « dans la limite de l’économiquement acceptable » pour
l’exploitant.
Toute la question est de savoir où s’arrête cette acceptabilité ? Au regard de quels
critères ? Qui vérifie la capacité financière de tel exploitant ? La DREAL (4)? Ces
experts des process et de la sécurité industrielle en général ont-ils la compétence
économique nécessaire pour correctement vérifier les capacités d’investissements de
l’industriel ?
Ces questions se posent et ne pourront être tranchées qu’au prix d’une parfaite transparence sur les coûts et les ressources. Ce qui est sûr par contre, c’est que la
sécurité peut toujours être améliorée, moyennant investissements. C’est avant tout une question de choix.
(4) Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, un service de l’Etat.

RESPIRE_En ta qualité de coordinateur du réseau Risques industriels à FNE. Peux-tu nous faire un point sur l’avancement des dossiers concernant le risque industriel ?
MC_Il est bien évident que nous allons suivre avec une grande attention l’avancement des PPRT tout au long de l’année. Les diagnostiques de vulnérabilité vont se généraliser,les conventions de financement vont-elles-aussi se développer, bref, la   des plans va s’accélérer en 2012, et elle va retenir notre attention. La mise en œuvre de cette politique n’est absolument pas garantie, les leviers que nous identifions n’ont pas encore été actionnés par les acteurs politiques, nous comptons bien nous saisir de la campagne présidentielle et des législatives pour faire avancer le dossier, notamment sur ses aspects financiers. Je fais ici bien sûr référence à la prise en charge totale par l’Etat, les collectivités et les exploitants, du coût des travaux à mener chez les riverains.
Ensuite, nous allons poursuivre nos programmes de formation des militants œuvrant
dans le domaine des risques industriels. Nous allons rendre visites aux quelques
fédérations qui n’ont pas encore bénéficié de notre formation sur les PPRT [plan de
prévention des risques technologiques] et les CLIC [comité local d’information et de
concertation]. Ensuite, nous allons poursuivre la formation sur les risques chroniques, comme nous l’avons fait en décembre 2011 à La Rochelle.
Au niveau des dossiers, nous préparons la poursuite du travail que nous avons
engagé en 2008 sur les pollutions au mercure. C’est un sujet d’une actualité
brûlante par exemples aux États-Unis, qui viennent de prendre les premières
normes nationales visant à fortement réduire la pollution au mercure provenant des centrales électriques. Ce pays n’est pas le premier à se pencher sur des instruments qui permettent de limiter les rejets et la circulation du mercure. FNE va consacrer une partie de son travail sur ce sujet au cours de l’année 2012.
Enfin, il est bien évident que la question nucléaire va être sur toutes les lèvres au cours des prochains mois. FNE compte bien faire entendre sa voix à cette occasion et mettre en avant son analyse de la situation et sa vision de la transition énergétique. Nous avons des solutions, nous voulons les faire connaître.

RESPIRE- Monsieur SENANT, Merci

Le climat reste explosif

La réunion du comité de quartier a encore mis au jour les tensions entre les élus rochelais et une partie de la population.

Un climat délétère où tout le monde suspecte tout le monde. L’assemblée générale du comité de quartier de Laleu, la Pallice, la Rossignolette s’est tenue samedi

Lire la Suite (S.O)

Rassemblement Eco-citoyens

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