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Pour importer plus de soja et de pesticides, le port de La Rochelle veut racler les fonds marins

Afin de «rester compétitif», le port de la Rochelle veut augmenter son tonnage, quitte à racler le fond de l’océan pour pouvoir importer toujours plus de produits forestiers, de tourteaux de soja, d’engrais et de pesticides.

  • La Rochelle (Charente-Maritime), correspondance

Devenir un territoire «zéro carbone» : c’est l’ambition proclamée par la ville de La Rochelle et son agglomération, qui a été retenue l’an passé parmi les lauréats de l’appel à projets national Territoires d’innovation. Selon la ville de La Rochelle, «130 partenaires publics et privés sont engagés dans cet ambitieux projet humain et urbain qui vise à apporter des réponses concrètes au changement climatique en améliorant la qualité de vie des citoyens».

Or, au même moment, Port Atlantique La Rochelle, le port de commerce de La Rochelle, s’est lancé dans un vaste projet, dont les conséquences environnementales suscitent réserves et oppositions, sans entraver pour l’heure la détermination des opérateurs. Son nom de code : «Port Horizon 2025». Les responsables du port de La Rochelle misent sur un fort accroissement du transport maritime d’ici 2040, et la nécessité, «pour rester compétitif», d’accueillir des navires de plus en plus gros, pour lancer un programme d’extension du port évalué à plus de 80 millions d’euros. Il s’agit notamment de considérables travaux de dragage et de déroctage — ce qui consiste à briser à l’explosif les rocs encombrant des fonds marins — afin d’approfondir les espaces maritimes du port et son chenal d’accès : 550.000 m3 de vases à draguer et 700.000 m3 de matériaux à dérocter.

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A pleins poumons !

BULLETIN N°15 DE L’ASSOCIATION RESPIRE FÉVRIER 2020

A pleins poumons !

Éditorial

R.E.S.P.I.R.E. a été créée en septembre 2009. Nous étions loin d’imaginer à cette époque que nous serions encore là dix ans après. En fait nous n’avions aucune idée de l’ampleur de la tache qui nous attendait après que nous ayons décidé d’agir sur notre environnement plutôt que de le subir en râlant de temps en temps. Ce fut, et c’est encore, une belle expérience de citoyenneté et d’engagement. Le soutien de la population n’y a pas été pour rien, bien contraire il nous a fortifiés dans notre détermination à poursuivre.

Deux sujets nous préoccupaient au tout début : les poussières (aujourd’hui encore chaque fois que je discute avec des habitants, c’est la première chose qu’ils m’évoquent) et le danger des stockages pétroliers (le PPRT Picoty/SDLP nous a pris beaucoup de notre temps) ; la défense et protection de notre environnement marin sont venues plus tardivement.

Parmi les enseignements de ces dix années, la mise à jour d’une connivence très forte entre les acteurs agro-industrialo-portuaires, la ville, la CDA et la préfecture. La dernière enquête publique sur « Le port horizon 2025 » vient une nouvelle fois de nous en donner la preuve. Les 25 avis favorables, reçus sur le site de la préfecture, émanent des entreprises portuaires et des présidents de la région Aquitaine, du département et de la CDA ! Les 35 avis défavorables viennent d’associations environnementales. Pour parodier la devise des corsaires malouins : le profit d’abord, l’économie ensuite, l’environnement s’il en reste…Raymond Bozier

AOT des cuves Picoty : le Député demande une prorogation de courte durée

Fin décembre, au cours d’une rencontre avec une délégation de R.E.S.P.I.R.E., le député Falorni avait promis de poser une question orale sans débat (QOSD) à l’Assemblée Nationale sur la suppression, dans le cadre du renouvellement de l’autorisation d’occupation temporaire du domaine public maritime, de 7 cuves Picoty. Cette mesure permettrait d’éliminer toute zone de délaissement, d’après une étude de l’INERIS, et réduirait l’exposition des habitations aux risques létaux. Ci-après l’intervention tout à fait juste du député et la réponse du secrétaire d’Etat aux transports Vidalies.

Comme à l’habitude pour ce qui concerne les PPRT, le secrétaire d’Etat a utilisé la langue de bois pour répondre au député. Il semble, par ailleurs, ignorer combien les débats au sein de la commission de suivi de site (CSS) ont été calamiteux, combien aussi les riverains, pourtant enjeux principaux du PPRT, y sont sous-représentés. Quant à l’avis favorable de la commission d’enquête, nous avons démontré combien cette avis tenait de la fumisterie, voire même du scandale puisque tout a été fait pour minorer les avis défavorables de la population. 
Le Secrétaire d’Etat laisse également penser que le retrait de 7 cuves (83000m3) pourrait mettre en cause l’emploi chez Picoty, alors qu’il y a un peu moins d’une trentaine de salariés sur le site de La Rochelle. Le marchand de pétrole ayant d’ores et déjà accru ses capacités de stockage de 43000m3 (4 cuves supplémentaires) et disposant de terrains où transférer les 7 cuves litigieuses (soit 83000m3), ne serait nullement mis en péril par la suppression de 7 cuves. Enfin, le secrétaire d’Etat s’est bien gardé de répondre à la question des travaux, pour la habitants en zones de délaissement et de prescription, excédant les 10% de la valeur vénale des maisons. On le comprend tant il est absurde, pour ne pas dire idiot, de déclarer aux habitants que tout ce qui excède les 10% est à classer en recommandation et non plus en obligation…